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Dino L'Espérance




Les fans de César et les Romains étaient vraiment gâtés. Déjà, lors de leurs débuts à Rouyn-Noranda, le groupe puisait abondamment dans le répertoire d'Elvis Presley, ce qui avait le don de faire se pâmer une partie de leurs admiratrices. Il en sera de même sur disque où les Romains graveront de nombreuses adaptations du King, dont ''Alors c'était lui'' (I Want To Be Free), ''C'est la fin'' (That's When Your Heartache Begin), ''Non'' (Don't), ''J'ai tant d'amour'' (Love Letters), ''Dans ton miroir'' (Don't Ask Me Why). Dès leurs premiers enregistrements, cependant l'interprétation bien personnelle de Dino L'Espérance donne à chacune d'elles un cachet unique par sa façon de vivre ses chansons, c'est à dire avec beaucoup de Soul, comme on dit alors chez nos voisins du sud.

Le premier album du groupe, à l'automne 1965, particulièrement avec la chanson ''Je sais'' une composition de Claude François, révèle ce talent inné. Cette chanson, sans jamais paraître commercialement sur 45 tours, devient un des grands succès de César et les Romains. Parmi les autres slows mémorables de ce microsillon, on remarque ''Mon seul'' amour version québécoise de Unchained Melody, sans oublier ''Toi et moi'' qui avait couronné les nombreux palmarès à la fin de l'été. L'année suivante, c'est à Paul Anka qu'ils empruntent ''Trop seul sans toi'' (Lonely Boy) qui devient leur nouveau succès. Avec le temps, cependant les fans en viennent à apprécier avec autant de plaisir l'interprétation de la chanson de Petula Clark, gravée en face B: ''Que faut-il faire pour oublier''.

Dans une veine un peu plus Rhythm'n Blues, le groupe se frotte à une pièce très Soul de James Brown, Try Me qui devient pour l'occasion ''Trois nuits'', tandis que César propose une nouvelle pièce de sa composition, ''M'en aller''. Dans les mois qui suivent, c'est du côté de l'Europe que le groupe tourne son regard: les chansons ''Par amour par pitié'', chantée à l'origine par Sylvie Vartan et ''Le jour du dernier jour'' ( A Whiter Shade Of Pale de Procol Harum) marquent cette année spéciale où on peut voir les Romains brûler leurs tuniques et revêtir le complet traditionnel des artistes de music-hall. Avec les engagements internationaux qui commencent à leur sourire, leur répertoire se modifie légèrement. À leurs propres succès s'ajoutent désormais de nouveaux standards, des rythmes de valse notamment: ''Ooh lala'', ''Dalila'', ''Je veux vivre''. On retrouve également, sur leur album de 1967, une interprétation de Yesterday dans la langue des Beatles. Malgré ces promesses de lendemains qui chantent, le groupe connaît un sort semblable à la majorité de ses confrères et se dissout avant la fin de l'année 1968. Après la dissolution de César et les Romains Dino L'Espérance l'ex-chanteur du groupe, continue une carrière solo dans les cabarets et les piano-bars.

De 1969 au débuts des années quatre-vingt, on retrouve sa voix sur une quinzaine de 45 tours dont quelques-uns connaissent une certaine renommée: ''J'ai tant besoin de toi'' du groupe français Crazy Horse, ''Je ne suis plus rien sans toi'' et ''Viens me faire oublier'', toutes deux popularisées dans les années soixante par Dick Rivers, et l'inédite ''Colour My World'', succès du groupe

Sa dernière présence sur scène fût lors du spectacle hommage aux 40 ans de Jeunesse D'Aujourd'hui, émission fétiche d'une époque. L'album L'Espérance - De César à Dino se veut le témoin privilégié de cette soirée magique où il a interprété ses 4 plus grands succès, Splish Splash, Je sais, Toi et moi et Dalila. Atteint d'un grave cancer de la gorge, il ne sera plus capable de chanter par la suite. Sa carrière aura duré 41 ans... et il s'est éteint le 23 décembre 2004 !

Site Retro Jeunesse60


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L'Espérance - De César à Dino 2004 Non

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