Retour à l'index


Micheline Goulet




Biographie


Micheline Goulet est née le 18 janvier 1957 à Sherbrooke, quelque part à Sherbrooke comme elle disait. Laissons-là raconter elle-mÍme sa carrière en chansons.
Depuis 1972, j’avais participé à quelques groupes de chansonniers. Les petits cafés et surtout les sous-sols d’église et mème à l’èglise. Le samedi soir, je chantais à l’église Ste-Jeanne d’Arc ce qu’on appelait à l’époque les messes rythmés.On était une bonne douzaine de jeunes rigolos qui se cherchaient. Le soir venu, j’allais rejoindre mes rockers au parc. Là, avec ma guitare et mes quelques chansons, j’essayais d’animer leur adolescence et la mienne. J’ai reçu ma première guitare dans des circonstances morbides. Ma cousine Monique est morte dans un accident de voiture et mon oncle me ramena un jour celle qui allait changer ma vie. J’ai commencé à gratter la la la et les outardes qui s’envolent vers le nord et moi qui les regarde en enviant leur sort… J’avais quinze ans quand j’ai commencé à écrire et à chanter mes premières chansons. "Je t’aime, tu m’aimes, on s’aime, ensemble nous fleurirons…" C’était en "do" et en "la", naturellement. On s’appelait Chansma et on chantait habillés en gitan et en gitane. C’était le répertoire Moustaki qui primait.

Puis j’ai rencontré Denis F. Un marginal épris d’astrologie et de musique. On est parti vivre ensemble dans un taudis de la rue St-Pierre avec Nicole B. Ensemble nous formions†…pilogue†et bien d’autres noms car Denis aimait changer de nom. Lorsque Nicole est partie, on s’est appelé Caprisson (Capricorne et Poisson). On a fait les brasseries, bistros-bouffe, dont le "Crêpes bretonnes" et la brasserie "La Boustifaille" à Sherbrooke, mais la boucle s’est bouclée avec le Carnaval de Québec chez Nostradamus. Deux semaines à chanter en regardant les gens ivres débouler les escaliers et s’étendre dans leur vomissure. On a craqué. On a terminé le Carnaval en ne se parlant plus. Ce genre de compromis n’était plus possible.

Entretemps, j’ai déménagé à Québec, subi une horreur d’opération qui m’obligea à revenir à Sherbrooke et je me réinstallai chez ma mère en attendant une deuxième opération ayant pour but de corriger les dégâs de la première. Je n’ouvrais plus la bouche, j’étais paralysée tout le haut du visage et je ne valais plus cher la livre. J’étais déprimée aussi. Une chanteuse qui ne peut plus ouvrir la bouche, c’est plus que malsain. L’opération a eu lieu. Le médecin a perdu la pièce à conviction me permettant de poursuivre en justice le boucher-médecin. force de physiothérapie, j’ai réussi à atteindre un minimum d’aperture et j’ai déménagé toute seule comme une grande sur la rue Wellington. Dans les années qui ont suivi, j’ai vécu surtout gr‚ce à des boulots en secrétariat. Du Musée du Séminaire au Centre Léon Marcotte, en passant par l’Aide juridique et l’ACEF, et mÍme Télé 7 quelques semaines, comme secrétaire de direction… C’est à cette époque que j’ai rencontré André Simoneau avec qui j’allais former "NATURE".

Gil NoÎl et André Simoneau se sont donc présentés un soir chez moi. Le choc a été tel que deux semaines plus tard on présentait notre premier spectacle avec nos compositions. Un drink pour une fleur, Désert doré, etc. ça se passait dehors dans ce qui s’appelait le premier Café Virgule. Par la suite, le Café Virgule déménagea sur la rue Alexandre. Il y eut aussi le Café Crème. Ces deux petits cafés furent la plaque tournante pour nous. On jouait souvent, ce qui nous permit d’acquérir une expérience de la scène et du public. C’est vraiment avec Nature que j’ai appris le plus de ce métier. On jouait dans des circonstances pas faciles et mÍme folles par moments et l’enjeu était toujours de s’en sortir en grandissant. La base de Nature fut André Simoneau et moi. Gil NoÎl a partagé la scène avec nous pendant un bon moment. Il y eut aussi Chantal Isabelle au violoncelle, Jean Bilodeau au violon, Bruneau (!) aux tablas et finalement René Moisan à la flûte traversière. Ce fut de très belles années. Après cinq années, chacun avait découvert davantage son style et la rupture respectait le cheminement individuel et professionnel de chacun.

Je travaillais à l’ACEF, je poursuivais des études à l’Université (en lettres), je m’acheminais vers une rupture amoureuse après dix ans. Je décidai donc de partir pour l’Europe, de quitter (du moins temporairement) le travail et de réfléchir à ma vie en découvrant un autre monde. Seule avec ma guitare et mon sac-à-dos, je partis à l’aventure. La Belgique, la Suisse, l’Italie, la Grèce (Crète) et le retour vers le nord en Hollande pour ensuite repartir de la Belgique vers le Canada. C’est en Grèce, où je posai mes valises pour plus de deux mois, que je rencontrai John Thomas Goodwin.

J’étais entêtée et John très patient. Je lui nommais ma passion pour Janis Joplin, il m’apprit Bobby McGee. Il me trouvait un talent pour les rythmes chauds et il m’enseignai Corcovado. Ces mois de musique me redonnèrent le goût de repartir à zéro et solo. De retour au Québec je voulais fixer sur cassette les meilleures chansons de Nature et puis passer à autre chose. Je n’avais pas de musiciens et pas d’argent pour payer le studio. Je commençai à fouiller la ville pour trouver une équipe. Ce fut finalement la rencontre avec Marco Giannetti qui signa une nouvelle époque. Avec Guy Breton, Yvon Cloutier, Jacques Robert, on s’est amusé, avec la gentillesse de Serge Boivin du Studio Propulson, à enregistrer d’abord des ébauches et finalement à coucher huit chansons dont quatre étaient nouvelles sur une cassette qui allait s’appeler "SOLITERRE". La chanson Soliterre était dédiée à John Thomas Goodwin et inspirée de ce voyage. Pendant cette production et grâce à la générosité d’une amie, je me rendis en Idaho pour visiter John. Là, je rencontrai plein de musiciens dont Jim Cockey, violoniste sensible qui avait déjà quelques productions discographiques derrière lui, dont une participation sur Blue Jay de deux membres de Moody Blues. On parlait beaucoup mais surtout, on faisait de la musique. Je jouais dans un petit resto en faisant le table à table et en français. J’ai participé avec eux au Folk Festival of Idaho à McCall. J’ai fait une partie toute seule et une partie avec eux: John à la guitare, David à la basse et Jazzmo au violon. Ce n’est que plus tard que Jim et moi commenèrent à jouer ensemble dans ce resto-café appelé le Huckleberry.

De retour au Québec, après le lancement de la cassette, j’ai commencé à faire des spectacles en solo. Le Bistro d’Autrefois, l’Instar, etc. Le spectacle à la salle Alfred Desrochers fut pour moi un moment extraordinaire. Je "cassai" la chanson La star velue qui fit un malheur. Là, Marco Giannetti décida de se joindre à moi. Spectacles piano/voix/guitare. De nouvelles chansons. Puis le grand saut à Montréal, poussés par notre gourou Pierre Javaux. Il y eut des moments magiques au Bistro d’Autrefois. Mais le plus beau moment de ces spectacles piano/voix avec Marco Giannetti fut sans aucun doute le Théâtre Centennial à Lennoxville.

Pendant ce temps, je cherchais des façons de trouver l’argent nécessaire à l’enregistrement d’un 33 tours. Sans vinyle, pas de radio. Les cassettes sont interdites de radiodiffusion. C’est avec notre gourou et l’Année internationale de la jeunesse que l’expérience "INTENSE" commença. Fondation de Promotion Culture Estrie. Retour en Estrie et début des répétitions en vue de l’enregistrement: Gilles Anctil, Pierre Duchesne, Alain Leblanc, Dominique Faure, Agnès Sohier et Daniel Scott. Ce fut une année folle. Malgré le bide financier, si c’était à refaire, c’est évident que je recommencerais. Il est également évident que compte tenu de notre manque d’expérience, il nous fallait faire des erreurs. à l’époque, on ne savait pas que ce serait des erreurs. C’est ce qu’on appelle "apprendre". Payer pour apprendre…

Puis, il y eut un autre voyage en Idaho. Voyage de réflexion. J’étais défaite, fatiguée. C’était en 88. J’avais sorti le 45 tours "Soudée" et "Lettre à un émigré" en mars et les réponses étaient maigres. Je jouais de moins en moins et le plus souvent toute seule avec bande sonore et ma guitare. Mais les petites salles se faisaient rares et les salaires plutôt minces. Cet été-là, à McCall, j’ai joué tous les soirs au Huckleberry avec Jim. Le bien-Ítre de retrouver la musique pour la musique m’a remplie. C’est Áa que j’avais perdu. De retour au Québec, c’est la mort de Félix qui a mis en place ce projet court terme "Hommage à Félix". Enfin un groupe, enfin de la gratuité, enfin de la musique J’ai adoré faire "Félix". C’est ce spectacle qui m’a permis de faire la connaissance de Michel G. Côté. Le déclic fut très fort. à tous points de vue… Un peu trop fort de mon côté… L’amour a gâché la sauce mais pas les chansons.
La série "ET JE LIS LE JOURNAL" dont je suis plus que fière encore aujourd’hui, le défi d’un spectacle monté en trente jours pour le Vieux Clocher.
Ce fut pour moi l’année de reconnaissance avec le Prix d’Excellence de la Ville de Sherbrooke. Ce moment m’a profondément touchée.
Puis, l’accouchement de George Sand après quatre ans de travail: INDIANA. Une équipe solide et belle. Des chansons que je qualifierais de "la plus belle production de Micheline Goulet". Des chansons pesées et habitées. INDIANA restera toujours dans ma mémoire comme mon plus beau moment de scène et d’arrière-scène.

Puis après Quoi dire de plus quand la route s’arrête, c’est comme un accident, c’est comme le néant, tout ce qui existait d’un seul coup disparaùt… Après cela, Micheline a donc terminé son bacc en littérature puis a fait sa maîtrise et son doctorat. Le titre de sa thèse était: Une étude de la contrainte et de l’obédience, analyse des œuvres des écrivains féminins du Canada franÁais de 1900 à 1919. Elle poursuivait ses études en même temps qu’elle enseignait au Cégep en littérature et en communications. Elle a notamment monté un cours de radio où elle a produit pour CFLX, la radio communautaire de Sherbrooke avec ses étudiants plus de 90 heures de programmation. Elle affrontait aussi plusieurs interventions chirurgicales. Intense, vous dites ! Elle a produit quatre recueils de poésie (150 pages) "Poésie de l’aube – Silence" les crocodiles rêvent – La poursuite des adieux – Le Silence du soi et deux journaux (plus de 300 pages)†: Le sanglot de l’éveil – Ce bruyant silence, le printemps sera beau sur ses six derniers mois à l’hôpital et à la Maison Aube-Lumière sans compter une cinquantaine de toiles 8X10 qu’elle peignait dans son lit. Elle nous a quitté le 12 août 2005 dans la nuit des Perséides.

Merci spécial à M. Pierre Javaux pour son aide à la rédaction de cette biographie


Discographie


CASSETTE



Indiana

Indiana - Trop seul -

C'est pas grave - T'es fou -

Phantasme - Pleine lune -









Intense (1985, Propulson, UR-1216)

Mauvaise sorcière - T’arrives après - Femme d’intimité -

Pour la paix - Torts et remords (Explications) - Soixantedixiémiste -

Déraison - Bel infidèle - Vade retro -

Belle de demain - Soudée - Lettre à un imigré -





Soliterre (1984, Propulson, UR-4-6)

Soliterre - Soixantedixiémiste - Drôle de matin -

Viol - Jamais assez - Le fou -

Chanson d'amour - Solitude.






Recherchiste: Jean-Marie Tremblay
Conception: Gilles Dussault






Retour à l'index


/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\