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Eve Cournoyer




Auteure, compositrice et interprète née en mai 1969, elle nous offre un premier album tout à fait sauté et différent. A chaque écoute, on y découvre quelque chose de nouveau, ce qui est signe d'un album éclectique et profond.

Les chansons sur l'album sont datées de 1997 à 2001, donc le processus de création a duré près de cinq années. En fait, l'année dernière (2001) elle présentait un premier démo intitulé Stéréotype I, et qui a obtenu un certain succès sur les postes de radio non conventionnels, avant de reprendre ses pistes maison et de les travailler au studio Claude Champagne pour accoucher de cet album inclassable. Je retiens les chansons Marabout, Dent contre toi et la toute dernière de l'album, enregistrée avec l'aide de sa fille Jeanne qui n'avait alors que deux ans, Colibri.

Pour remonter un peu le cours du temps, disons qu'Ève a commencé à apprendre le piano à l'âge de 5 ans avec sa tante Suzanne (à qui elle dédie l'album), a continué de faire de la musique au primaire et un peu au secondaire, avant d'acheter sa première guitare à l'époque du CEGEP qu'elle abandonne rapidement. Après un séjour dans la mode, elle se met à l'étude de la technique d'enregistrement et travaille comme assistante au Studio Claude Champagne. Depuis, elle a travaillé avec Richard Desjardins, Jean Leloup, Pierre Flynn ainsi que le groupe WD-40.

Voilà donc qu'elle est mûre pour travailler à ses propres chansons. Elle commence par s'y mettre chez elle à la maison, de jour (quand sa fille est à l'école) ou de nuit. Pendant un certain temps, elle obtient la collaboration de Marc Gendron avec qui elle donne quelques spectacles sur scène, ce avant de monter un groupe le temps d'une prestation aux Francofolies de Montréal. Par la suite, elle prépare des bandes sonores de ses musiques et présente ''Eve et son karaoké!". Finalement, voici le fruit de son labeur, Sabot-de-Vénus.

L'album est le fruit de toutes ces années passées à peaufiner ses créations, rehaussées par des musiciens de grand talent, je parle ici de l'apport appréciable du percussionniste Alain Quirion (Zébulon, Marc Déry, Daniel Bélanger), du guitariste Jocelyn Tellier et du bassiste Maurice "Soso" Williams. Pour renchérir sur la qualité de cet album, Ève a reçu des mains du vétéran auteur Stéphane Venne le prix SOCAN de la Chanson de l’année lors du Gala des MIMI, pour sa chanson "Dans le bois".

J'ai malheureusement manqué son spectacle au Coup de coeur francophone 2002 (au Club Soda) avec Dobacaracol et Vénus 3. Je me suis repris récemment lors d'un spectacle hommage pour les trente ans du Conseil du Statut de la Femme ainsi que lors d'un spectacle au "Va et Vient" de Montréal.

Sur disque, sa musique se veut très éclectique, mélangeant les boucles informatisées et les percussions pour créer des ambiances qui, je me disais, seraient difficiles à recréer en spectacle. Je dois dire qu'elle s'en tire très bien, une chanson comme Sabot de Vénus prend une toute autre dimension, avec la guitare acoustique et la "lap steel guitar" de Roger Miron, plus country rock que sur disque et très agréable à découvrir de cette façon.

Eve Cournoyer sur scène, c'est l'artiste, la créatrice, la mère de famille et la musicienne qui s'amalgament pour tenir des propos réalistes et critiques de la société actuelle ainsi que du star system préfabriqué. Ses présentations de chansons savent faire mouche et dérider (ou faire réfléchir) le public, tout comme les chansons elles-même, les Chipie, Dent contre toi, Marabout, Sabot de Vénus, Dans le bois, etc. Pendant près de deux heures, pas mal pour une femme qui n'a qu'un album à son actif, elle nous offrira toutes les chansons de son premier opus de même que quelques nouvelles créations comme Ayoye et Aphrodite.

À l'automne 2005, elle revient en force avec un deuxième album intitulé L'écho. Beaucoup plus rock que le précédent, on n'y sent pas moins le besoin de se différencier par des textes peaufinés et des arrangements passés au peigne fin. Rien n'est de trop, tout coule de source. Pour ce deuxième opus, elle a travaillé à la campagne et dans son appartement, elle a préparé tous les arrangements et les mélodies en solo, les a enregistrés sur son petit huit pistes portatif, pour ensuite se présenter en studio où elle a ajouté les pistes de basse (Fred Fortin et J.F. Lemieux), de batterie (Alain Berger) et quelques pistes de guitare (Guy Kaye et Nick Petrowski), le tout conjointement réalisé par Ève et Alain Berger.

Comme je le mentionnais plus haut, un album majoritairement rock qui démarre tout de même doucement avec Tout arrive, une pièce plutôt pop-rock, avant de tomber dans un rock qui fait très style 70s avec C'est assez pour ensuite toucher les limites du punk dans Faut-il souffrir et ses guitares grinçantes. Le tout se poursuit à la guitare acoustique avec la ballade Mon bel espoir qui nous rapproche un peu du premier album et de la voix feutrée et particulière de la grande et longiligne chanteuse, magnifique pièce vraiment, toute en finesse. Dans la même veine, on découvre ensuite la pièce titre, L'écho qui, si on se fie à la définition du terme, signifie le rebond du son suite à la collision avec un obstacle. Sachant que l'auto production n'est pas facile à gérer et que les obstacles sont nombreux, devrait-on y voir un parallèle avec son retour sur disque ?

Tout tatouée (Toute à toé) poursuit l'incursion intérieure en traitant des problèmes amoureux avant de laisser place au rebond encore une fois, Ç'a m'a aidé qui revient avec un son plus solide et un ton plus positif, tout comme Pour vrai. Ève termine l'album avec L'étoile de tes bras qu'on avait pu entendre dans le film Le bonheur c'est une chanson, une pièce toute douce qu'elle avait écrite il y a presqu'une dizaine d'années, et C'pas facile d'être..., un dernier rock qui décante la difficulté de vivre dans sa propre peau. Somme toute: excellent !

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Albums Année En Collection
Sabot-de-Vénus 2002 Oui
L'écho 2005 Oui


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